et des professionnels du transport sur l'écotaxe poids lourds, le dossier est à nouveau d'actualité.Il est désormais entre les mains de Manuel Valls et de Frédéric Cuvillier, secrétaire d'Etat aux Transports. Ce qui devait une mesure phare du Grenelle de l'Environnement est devenu au fil du temps un véritable casse-tête pour le gouvernement. Petit rappel des faits : en 2008-2009, les premiers textes réglementaires fixent le principe et les modalités du dispositif. Ils prévoient une mise en œuvre en 2011. Mais les obstacles techniques et juridiques se multiplient empêchant la mise en place de cette fiscalité dite "écologique". Les professionnels du transport refusent catégoriquement de se soumettre à cette écotaxe, jugée inique. Des exactions, notamment en Bretagne, apparaissent. On assiste à la destruction violente d'une dizaine de portiques. Pour mettre un terme à ces actes délictueux, le gouvernement annonce le 29 octobre 2013 la suspension de l'écotaxe, qui devait entrer en vigueur au 1er janvier 2014. Courant mai, la commission parlementaire rend un rapport (rapport Chanteguet) proposant plusieurs aménagements afin de maintenir un niveau de recettes suffisant (1,2 milliard par an) pour financer les grands projets d'infrastructures programmés. Un abandon pur et simple n'est pas à l'ordre du jour, sans doute à cause du dédommagement de 850 millions d'euros dû à Ecomouv', le consortium chargé de collecter la taxe. Deux scénarii étaient alors envisagés.
Le 22 juin, Manuel Valls tranche sur le dossier. Au 1er janvier 2015, un " péage de transit poids lourds" remplacera les portiques de l'écotaxe et devrait rapporter 550 millions d'euros annuels à l'Etat. On est loin des prévisions de recettes initiales. Ce péage concernera les camions de plus de 3,5 tonnes empruntant les principaux axes routiers français, soit 4 000 kilomètres (au lieu des 15 000 prévus initialement). La tarification se fera avec un taux moyen de 13 centimes d'euro par kilomètre, modulable en fonction de la distance parcourue, du niveau de pollution et du nombre d'essieux des camions. Les axes bretons, berceau des contestations, seront majoritairement épargnés par ces péages sauf les tronçons Nantes-Rennes-Caen. Les premières réactions tous azimuts ne se font pas fait attendre : les " bonnets rouges " dénoncent cette nouvelle mouture et réclament à nouveau la gratuité du réseau breton dans son intégralité. Les écologistes parlent, eux, de " taxe au rabais " qui ne servirait " qu'à obtenir l'apaisement de la Bretagne ". Après une période de rôdage décisive de trois mois, le dispositif devrait entrer en vigueur en janvier prochain. A moins que...